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Journal de bord Madère - Martinique / jeudi22 février 2018

Jour 12.

Alors cette nuit, comment vous dire ?

On va commencer par le début !

En fin d'après midi 24 nds établi et grosse houle de 3 à 4 mètres, après une belle journée de glisse, nous voyons un gros front de grain se former

sur notre tribord, un par un ils passent mais se rapprochent et là c'est le premier départ au lof, une vague nous prend par l'arrière et au "tas".

Le vent monte 30-33 nds, un départ puis deux, trois, nous décidons d'affaler le spi en attendant des heures meilleures, 35 nds nous décidons de

prendre un ris dans la grand voile et d'envoyer le génois.

Chaque mouvement sur le bateau devient un véritable effort même si la houle ne fait plus que trois mètres, elle est maintenant croisée.

Le génois ne tient pas bien du tout vu notre allure très abattue, nous décidons de l'affaler, et là il fait des tours sur l'étai, on connaissait avec un spi mais avec un génois ?

42 nds sous une pluie diluvienne, ciré à l'intérieur mais équipé de nos harnais, nous mettons plus d'1/2 heure à affaler ce génois "DUFFAY" en jouant à la barre, à être à la limite de l'empannage, ce qui a pour effet de

le détourer. Ouf, c'est ferlé sur le pont.

Revenant dans le cockpit, une vision étonnante, il fait très noir et donc tout ça à la lampe frontale, la bôme est très très basse, on cherche, pas longtemps, la bosse de ris est cassée, Cyril prend celle réservée au second ris mais qui heureusement est libre, acrobaties diverses pour arriver à la passer dans l'anneau prévu, pour ce faire je dois border la grand voile pour qu'elle soient accessible du pont, et là, encore une fois, la bôme fait un aller-retour et au passage il y a ma tête, vu la violence du passage au moment du choc j'imagine que c'est fini mais je reprends connaissance tout de suite, le crâne a pris un bon coup.

Cyril ayant réussi à passer sa bosse de ris, nous voilà dans le carré, Cyril, tel un urgentiste confirmé observe nettoie la plaie et sort de la pharmacie imposante du bord "l'agrafeuse", imaginer agrafer une plaie sur la

tête de quelqu'un dans un bateau par 35 nds et 3 mètres de houle ?

Là, je lui dis "nonnonnonnon, tu vas m'agrafer tout le crâne sauf la plaie !". Le voilà reparti dans la pharmacie et revient avec des strips, la boîte y passe.

Depuis, voilà ma tête, mais rassurez-vous tout va bien mais cela aurait pu être dramatique, quand la mer se fâche nous devons redoubler de prudence.

Depuis nous sommes sous grand voile à un ris avec des rafales encore à 30 nds, pour l'anecdote le surf le plus rapide est à 18,5 nds.